🛑 Urgence : Plusieurs civils tués après des tirs de gendarmes à Madagascar

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Des gendarmes ont ouvert le feu, lundi Ă  Ikongo, dans le sud-est de Madagascar, sur une foule venue chercher dans leur caserne des suspects de l’enlèvement prĂ©sumĂ© d’un enfant albinos. Le bilan est de dix-neuf morts, selon les forces de l’ordre.

Dix-neuf personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es, lundi 29 aoĂ»t, Ă  Madagascar, après que des gendarmes, qui invoquent la lĂ©gitime dĂ©fense, ont ouvert le feu dans une caserne sur des habitants en colère, autour d’une sombre affaire d’enlèvement d’un enfant albinos.

Le bilan de l’incident, qui s’est dĂ©roulĂ© dans la petite ville d’Ikongo dans le sud-est de l’Ă®le, Ă  environ 350 km de la capitale Antananarivo, faisait prĂ©cĂ©demment Ă©tat de onze morts, mais a Ă©tĂ© rĂ©Ă©valuĂ© mardi matin par la gendarmerie.

Dans la matinĂ©e, des tirs ont retenti Ă  Ikongo, localitĂ© plongĂ©e dans les montagnes vertes de la grande Ă®le de l’ocĂ©an Indien. Depuis la semaine dernière, la commune est sous le choc : un enfant albinos a disparu et les autoritĂ©s suspectent un enlèvement.

Dans ce pays d’Afrique australe, les personnes atteintes d’albinisme sont rĂ©gulièrement la cible de violences souvent en raison de certaines croyances. Plus d’une douzaine d’enlèvements, d’attaques et de meurtres ont ainsi Ă©tĂ© signalĂ©s au cours des deux dernières annĂ©es Ă  Madagascar, selon les Nations unies.

Quatre suspects ont Ă©tĂ© arrĂŞtĂ©s par les gendarmes après la disparition de l’enfant et placĂ©s en dĂ©tention dans la caserne d’Ikongo. Mais les habitants ont dĂ©cidĂ© de se faire justice eux-mĂŞmes.

Ils se sont rendus lundi devant la caserne de gendarmerie et ont demandĂ© Ă  ce qu’on leur remette les quatre suspects, a racontĂ© Ă  l’AFP Jean Brunelle Razafintsiandraofa, dĂ©putĂ© du district. D’après une source de la gendarmerie prĂ©sente sur place, au moins 500 personnes ont dĂ©barquĂ©, certaines munies d'”armes blanches” et de “machettes”.

Un pĂ©rimètre de sĂ©curitĂ© a Ă©tĂ© installĂ©, les gendarmes ont tentĂ© de parler aux habitants pour les raisonner et pour “Ă©viter un bain de sang”, a dĂ©taillĂ© le commandant Andry Rakotondrazaka lors d’une confĂ©rence de presse dans la capitale. Il a ensuite Ă©voquĂ© “des provocations”, des personnes armĂ©es de “couteaux Ă  longue lame et de bâtons”, ainsi que des jets de pierres.

Quand la foule a tentĂ© de franchir le pĂ©rimètre de sĂ©curitĂ©, les choses ont dĂ©rapĂ©. Les gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène et ont tirĂ© des coups de sommation. “Mais, en dernier ressort, les gendarmes n’ont pas eu d’autre choix que de recourir Ă  la lĂ©gitime dĂ©fense”, a expliquĂ© le commandant de gendarmerie. “C’est un Ă©vènement très triste et on aurait pu l’Ă©viter mais il s’est passĂ© ce qu’il s’est passĂ©”, a-t-il regrettĂ©.

Ils “ont tirĂ© sur la foule”, s’est indignĂ© le dĂ©putĂ© Razafintsiandraofa, qui a fait part de son intention de demander une enquĂŞte parlementaire. 

En fin d’après-midi, les autoritĂ©s continuaient d’organiser des Ă©vacuations. Certains blessĂ©s devaient ĂŞtre hĂ©litreuillĂ©s, selon le docteur Toky, dĂ©crivant des “fractures hĂ©morragiques, Ă©viscĂ©rations, thorax perforĂ©s” sur certaines victimes transportĂ©es Ă  l’hĂ´pital.

La police malgache est rĂ©gulièrement Ă©pinglĂ©e par la sociĂ©tĂ© civile pour des violations des droits humains, qui font rarement l’objet de poursuites.

Avec AFP

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